Tournée internationale

Récit de Concert à Buenos Aires - Avril 2006

Traduction par Cacahuète

Une fille avec ses propres règles

Camille aime faire les choses à sa façon. Que se soit pendant une interview, dans un disque, ou comme ce soir sur la scène de La Trastienda. Et ça lui réussi bien. Car après tout, comment expliquer qu'un disque étranger au formatage commercial comme Le Fil soit un succès en France, avec plus de 320 mille disques vendus ?

Avec un pied dans la chanson (que l'on peut donc apprendre et chantonner), et un autre de l'experimentation, en piochant par exemple dans le hip hop, le funk, la musique africaine, l'avant-garde et, bien sûr, la chanson, Camille a montré sa musique, personnelle et inclassifiable, devant un public qui, avec une présence française nombreuse, remplit à ras-bord la salle de Montserrat.

Entre chant et performance, cette Parisienne de 28 ans, astucieuse et talentueuse, a rendu à la représentation le risque de l'imprévu, en un temps où la majorité des artistes jouent (et croient en) un rôle imposé. Tout pouvait arriver, et tout est arrivé ; depuis les hommes du public criant "Je suis une fiiiiille", jusqu'à la chanteuse aboyant au sol à quatre pates.

Mais il ne faut pas s'y tromper, il n'y a pas eu cette nuit-là que des artifices de spectacle : il y eut aussi des chansons, et très bonnes, comme "Quand je marche", "Baby Carni Bird" et "La Jeune fille aux cheveux Blancs", et, surtout, une performance vocale qui unit la chanson avec le théâtre et les expressions ludiques, avec des teintes joyeusement infantiles.

Sur la scène elle fut accompagnée par Martin Gamet (basse, contre-basse et percussion) et Matthew Ker (piano, acordéon, percussion corporelle), qui ont apporté tous l'éventail de leurs moyens et de leur versatilité pour accompagner Camille, dont la voix fut renforcée par l'usage d'un sampler. Pour le final, à l'heure des bis, arriva le tube "Ta douleur"; jamais la chanson française ne fut aussi proche du gospel.

Le public, captivé, répondit présent et lui fit une standing ovation à la fin. Bon, si l'on excepte un invité très spécial : l'ambassadeur de France, qui abandonna la salle à la moitié du spectacle. Alors qu'il croyait partir incognito, Camille le salua au microphone : "Adieu, monsieur l'ambassadeur !". En fin diplomate, il lui rendit le sourire et l'applaudit, alors que tout le monde riait, et Camille de rajouter, en espagnol : "Vous devez avoir un dîner à l'Unesco". Dans le monde de cette artiste singulière, tout peut arriver.

Comme toujours, il est difficile de prédire ce qui restera ou non dans nos souvenirs, mais pour sûr ce show a tout pour garder, malgré le temps, des proportions mythiques. Beaucoup plus que ce que les personnes présentes diront ou voudront dire, comme lors du récital de la Mano Negra à Obras en 1992... "Moi aussi j'y étais".

 
 

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